Le jour ou je l'ai vu.

Le jour ou je l'ai vue.


Elle se tenait là, devant moi. Je ne la connaissais pas. Je ne l'avait jamais vue. Si je l'avait vue, je m'en serais souvenue. Elle était juste parfaite, parfaite en tous points. Pour moi, le temps c'était arrêter. Il c'était stopper net a moment ou mon regard croisa le siens. J'aurais surement pu la fixer des heures sans me lasser de son visage, de son odeur, de souffle. Je ne pouvais plus bouger, plus respirer, je ne pouvais plus me passer d'elle. Pour moi, elle était tout. Une sorte de drogue. J'étais devenu dépendant d'elle. Entièrement et totalement dépendant de ses yeux.
Elle se tenait sur le trottoir de l'autre coté de la rue. Elle ne bougeait pas, telle une statue de marbre. Ou plutôt une statue en or. On aurait dit que la lumière émanait d'elle, de son corps. Un ange, une fée, Eve, une déesse descendue du ciel. Qui était-elle ? Je ne sentais plus mes jambes et mes bras, j'avais l'impression de nager. Oui, c'est ça, je nageais dans l'impressionnante profondeur des ses yeux, je glissais sur son regard, je me noyais dans ses cheveux. Pour elle j'aurais tous fait. Je me serais battu, j'aurais volé, j'aurais tué. Je serais mort pour elle. Juste pour elle.
J'espérais que ce moment ne finisse jamais. Que nos yeux se fixent pout toujours. L'éternité ne me ferais pas peur si elle était a mes cotés. J'aurais abandonné mes amis pour être avec, ma famille, mes proches, ma maison, mes études, mon travail, mon compte en banque. Ma vie. Elle n'avait pas de prix. Même tous les diamants du monde ne valait pas son sourire, ses lèves, sa bouche...
Oui cette femme je ne l'avais jamais vue. Sinon je m'en serais souvenu. Je ne pouvais plus m'empêcher de la regarder.
C'est surement pour sa que je n'ais pas vue que j'étais en plein milieux de la route.
C'est surement pour sa que je n'ais pas vue le bus s'approcher.

Voila, c'est comme ça que j'ai rencontré la Mort.
Une rencontre unique...
Le jour ou je l'ai vu.

# Posté le samedi 28 février 2009 15:52

Modifié le vendredi 06 novembre 2009 17:11

Le jour se lève...

Le jour se lève...
Le jour se lève


Le jour se lève, j'ouvre délicatement mes yeux. Dans la maison tout paraissait calme, les volets de ma chambre étaient déjà ouvert, ma porte aussi, maman avait du vouloir me réveiller. Sans le moindre bruit je descendais de mon lit. Je fis de même pour les marches de l'escalier. Ma mère était en bas, elle buvait son café seul et en silence comme chaque matin depuis une semaine.
« Coucou maman, t'as bien dormi ? »

Ma voie résonna dans la cuisine. Elle ne me répondit pas, comme si elle ne m'avait pas entendu. Elle semblait fatiguée. Depuis quelques temps elle avait beaucoup de mal a dormir, elle ne m'avait pas donné la raison de ses insomnies. De plus, elle pleurait tous les soirs, cela se voyait par les larges traces rougeâtres que laissaient les larmes sur le passage de ses joues. Elle avait appelé sont travail pour leur expliquer qu'elle ne viendrait plus pendant deux semaines sans leur expliquer la raison. Un silence pesant et lourd régnait dans la maison. Depuis la mort de Papa moi et Maman vivions seul dans la grande baraque familial qu'ils avaient achetés ensemble ils y a 18 ans, quelques mois avant ma naissance. Depuis rien n'avait bougé. Pourtant l'eau avait coulé sous les ponts et malgré la grande tristesse de Maman a la mort de Papa, on avait décidé de ne pas déménagr.
Je ne pris rien pour le petit déjeuné, je n'avais très étrangement pas faim. Après avoir essayé sans succès d'aider maman à débarrasser la table, elle monta dans sa chambre pour se laver. Moi j'étais déjà habiller a mon réveil, j'avais du m'endormir comme ça. Je suivis maman dans la salle de bain avec une discrétion dont moi seul était capable. Elle ne remarqua pas. J'avais l'habitude...

Arriver devant le miroir elle se fixa intensément, puis commença a se lavé le visage pour effacer le maquillage de la veille qui avait coulé sous ses petit yeux rouges. Sa peau blafarde ne lui donnait pas un air très réveillé. Elle ne sortait plus depuis une semaine. Elle restait enfermée dans sa chambre à regarder des photos de moi, de papa et d'elle. Elle ne mangeait que très rarement le matin si en sentait le besoin. C'était surement une des raisons sa minceur inhabituelle.

Pour briser l'insoutenable silence de mort, je pris mon courage a deux mains et tenta de lancer une conversation :
« Je m'inquiète pour toi maman, sa fait sept jour que t'es pas sorti. T'as l'air d'un vrai zombi ! Tu pourrais me dire ce qui t'arrive, tu sais bien que tu peux tous me dire. »

Elle arrêta de se laver, puis commença à se maquiller. Elle ne me lançât même pas un regard et ne pris pas la peine de me répondre. Elle empoigna un gros tube de mascara noir et en réparti une couche considérable sur ses longs cils. Puis s'étala du fond de teint sur ses joues, se qui n'arrangeât pas vraiment le pâle impressionnant de sa peau. Une fois sa toilette terminé, elle rentra dans sa chambre pour s'habillée. Un bazar considérable régnait dans la grande pièce. Sur le lit deux places, on pouvait apercevoir un tas impressionnant de mouchoirs utilisés et quatre boites entièrement vides de somnifère. Avec dans un calme impressionnant, elle prit une longue robe noire dans son placard et l'enfila sans rechigner. C'était étrange car habituellement détestait porter se genre de vêtement. La dernière fois que je l'avait vue comme ça c'était pour l'enterrement de papa.
« Maman, tu me fais peur, tu veux bien m'expliquer se qui se passe ! Sa va pas te tuer de m'adresser la parole ! »

Encore une fois, malgré mon ton très insistant, elle m'ignora et pris un épais châle grisâtre.
Elle sortie de la maison et rentra dans la voiture. Je m'introduisis en silence par mes propres moyens à la place arrière de la voiture. Elle démarra et pris une route que je n'vais qu'une fois, je m'en souviens plus vraiment mais c'était il y a environ cinq ans. Dans le rétroviseur je vis qu'elle pleurait et que le maquillage coulait pour former de petites rivières noires sur son visage blanc. Puis environ dix minutes plus tard elle s'arrêtât devant le cimetière ou avait été enterré mon père. Je descendis avec elle étonné. On rentra dans le sinistre endroit malheureusement déjà connu. Puis elle s'arrêta. Une troupe de gens au visage familier l'attendaient. Ils étaient tous vêtus vêtement noirs s'étaient attrouper devant une tombe en granit ou était inscrit en lettre d'or:


Mon nom et mon prénom
1990-2008
Paix a l'âme de mon fils trop jeune pour mourir
Qu'il repose dans la tranquillité des cieux avec son père à tous jamais.




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J'ai fait ce cauchemard il ya environt trois ans... Qu'est-ce que vous en pensez?

# Posté le dimanche 14 décembre 2008 07:15

Modifié le vendredi 06 novembre 2009 17:10

Les hommes qui parlent

Les hommes qui parlent
Les hommes qui parlent



Se cacher, toujours se cacher ! Chaque jour il fallait changer de position, ramasser les quelques affaires que ma famille avait emporté et marcher vers un pays sans guerre. Nous étions quatre, ma mère, moi, mon frère et mon cousin. C'était tout ce qui restait de ma famille. Mon père, mes s½urs, mon petit frère de deux ans, tous avaient été massacrés. Tous dénoncés pas nos propre amis, nos voisin et notre famille.

Notre crime ? Etre Tutsi !

Voila pourquoi nous fuyons la rage au c½ur, voila la seule et unique raison du génocide de mon peuple. Mais laissez-moi vous raconter mon histoire et les raisons de ma tristesse.

Tout commença un matin. Comme tous les jours au Rwanda, le soleil illumina le ciel et brulait la terre rouge de mon pays tant aimé. C'était une journée très ordinaire. Dans la rue, les vendeurs ambulants marchandaient leurs produits, quelques stupides poules se disputaient un misérable crouton de pain et les hommes partaient au travail. Mais pourtant dans cette rue souvent si bruyante, un silence presque angoissant régnait. Dans toute la ville, la tension était palpable :
Ce matin, à la radio, les chefs du gouvernement avaient publiquement déclaré que tous les Tutsi devaient mourir. Que pour chaque Tutsi tué ou dénoncés une prime serait accordée. Le discours était long et n'expliquait pas la raison exacte de cette ignoble injustice.
« Mort au Tutsi ! Vive les Hutu »
Voila les derniers mots de la fin du discours, voila les mots exacts qui me hanteraient pour toujours.
Les Hutu était l'autre ethnie qui vivait au Rwanda, jamais le sang n'avait coulé, jamais de guerres jusqu'à ce jour n'avait été déclarée. Les deux peuples vivaient en parfaite harmonie depuis des siècles. Mais « les hommes de pouvoirs », « les hommes qui parlent » avaient en une poigné de minutes mis fin a la paie séculaire que existait au Rwanda. Ce fut a la seconde même où le discours pris fin que l'horreur de la guerre et de la misère commença.

Une heure à peine après cet appel radio, mon ami Ibrahim, qui était issue d'une famille hutu rentra dans la maison :
« Fuyez ! Les gens de la ville se posent des questions sur vos origines, ils vous ont dénoncé et des hommes armés vont arriver et vont vous fusiller. Toutes les autres familles Tutsi ont déjà quitté le village. Vous ne pouvez pas rester ici partez du Rwanda. »
Je regardais son visage. Je ne l'avait jamais vu comme ça. Ces trais étaient tirés, sa peau d'ordinaire si noire était plus pale que celle d'un cadavre, des perle de sueur coulaient sur son front et ses yeux semblaient fatigué.
« Vous avez écouté la radio ? Dit-il.
-Oui répondis-je
-Alors qu'attendez-vous pour fuir ?
-Nous partons dans deux heures, mon père est partis chercher de l'argent à la banque pour le voyage, il y est allé avec mes s½urs. »
Je connaissais Ibrahim depuis ma petite enfance, c'était un frère pour moi, il faisait presque parti de la famille. C'était bien la première fois que je le voyais dans cet état.
« Vous devez partir au plus tôt, dans deux heures il sera trop tard et l'armée vas vous... Bien je pars chercher ton père à la banque, vous préparez vos affaires et si dans une demi-heure je ne suis pas de retour, vous partez le plus vite et le plus loin possible de ce pays de misère. C'est la guerre. »
Et il quitta la case. Le délai été écoulé et Ibrahim n'était pas revenus. Alor le reste de la famille quitta le village en direction d'un pays sans guerre sous les dernières paroles de mon ami.

Très vite, nous comprime ce qui se passait. Tous les Tutsi était arrêtés et massacrés. Nous n'étions pas les seuls à avoir fuis nos terres pour le pays voisin. D'autres familles faisaient l'exode. Certain était blessés, d'autres avaient été torturés, à certains il manquait un bras, une jambe, un ½il ou une main, un autre avait tourné fous et riait sans cesse comme une hyène. Et les autres étaient tristes. Triste parce que tous les gens qu'ils aimaient était morts, leur enfants, leurs maris ou leurs femmes, tous égorgés sous leur yeux, tous tués par leur voisins, leur amis ou écrasés volontairement par les chars de l'armée.
Nous marchions sans cesse, en silence. Mon père avait été tué, mes s½urs surement violées et torturées et Ibrahim fusillé pour avoir aidé des Tutsi. La misère et la jalousie entrainaient la haine, la haine entrainait la mort, la mort entrainait notre tristesse. Le chemin vers le pays sans guerre était long, surtouts à pied. La chaleur était continue et insupportable. Très vite les pauvres réserves d'eau que nous avions emportée étaient presque sèches et mon petit frère de deux ans que ma mère avait tant protégé ne se réveilla jamais. Il fut enterré au milieu de nul par, selon la tradition Tutsi, comme on l'avait fait pour tous mes ancêtres.
Après une semaine de marche, nos corps décharnés et assoiffé traversèrent la frontière invisible séparant les deux pays. C'était fini, plus d'horreur, plus de pleurs, plus la soif ou la faim et surtout plus de sang ni de mort.

Voila, comme toutes les histoires, la mienne touche à sa fin. Nous fume recueillis par un cousin qui avait fait des études loin du Rwanda et qui s'y était installer. Pendant un an, il m'apprit à lire, à écrire et à parler plusieurs langues. Sous ses encouragements, j'écrivis de nombreuse lettres au gouvernement Rwandais, j'exprimais ma rage, ma tristesse mais surtouts l'injustice qu'ait vécu mon peuple dont j'étais maintenant très fier. Et après ce génocide atroce, le jour de mes dix huit ans, je fus nommé gardien de la paix du Rwanda pour qu'enfin dans nos c½urs, les âmes des un millions deux cents mille Tutsi et Hutu dorment en paix.

# Posté le samedi 07 juin 2008 07:35

Modifié le vendredi 06 novembre 2009 17:10

Tout en haut



TOUT EN HAUT


Tout en haut, la fête était presque finie. Les quatre amis finissaient leur dernier verre d'alcool. Thomas n'avait pas ri comme cela depuis fort longtemps. Pour lui, le jeune de dix neuf ans, le monde du travail n'avait que des mauvais cotés. Il avait abandonné les études et avais commencé sa vraie vie d'adulte responsable. Il était resté seul avec sa nostalgie très longtemps. Mais un jour, comme tous les autres jours d'ailleurs, il avait fait la rencontre d'un rayon de soleil vivant. Une femme, Nora, toujours souriante, toujours à rire, toujours à plaisanter. Tout de suite ils tombèrent amoureux et décidèrent de vivre ensemble dans un appartement très sympathique en plein centre de Rennes. Nora lui présenta ses formidables amis avec lesquels Thomas s'était tout de suite entendu. Pour lui, sa vie avait atteint la perfection en l'espace d'un an: Une super copine, des supers amis, un travail et un toit. Même si son job de garagiste ne le faisait pas toujours rire, il avait désormais une personne chez lui pour le réconforter, et cela jamais Thomas ne l'avait négligé. Il était tout simplement heureux.

Heureuse ? Non, Coline ne l'était pas. Elle était même très déprimée en rentrant chez elle le soir. Son énième petit ami lui avait posé un lapin. Elle avait passé sa soirée à attendre sur une chaise inconfortable dans un bar branché. Vexée, elle avait quitté les lieux vers une heure du matin. Maintenant, elle marchait seul dans la grande place de Rennes République. Elle avait essayé d'appeler son copain sur son portable, mais n'ayant pu le contacter, elle s'était contentée de laisser des messages très salés sur le répondeur :
« Salut c'est moi ! Enfin si tu te souviens de moi ! Tu sais la fille à qui tu as donné un rendez-vous dans un stupide bar dans le fin fond de Rennes ! Et bien maintenant, cette fille ne te connaît plus, et si tu as le malheur de la croiser dans la rue, cela sera dans ton intérêt de te cacher ou de changer de trottoir ! »
Coline enrageait, ce gars s'était vraiment moqué d'elle ! Et ça, elle ne l'aimait pas ! Mais très vite la rage de Coline fut remplacée pas de la peur. Etre seul dans Rennes à une heure pareille n'était pas prudent. Elle décida d'appeler un ami qui viendrait la chercher en voiture. En attendant son sauveur, Coline s'était assise sur un banc et observait les rares passants. Elle distingua trois silhouettes noires dans la pénombre de la grande rue juste en face d'elle. Les trois personnes semblaient être ivres et portaient avec elles des caisses de cartons. Puis tout en riant bruyamment, elles rentrèrent dans un immeuble de la grande avenue.

« Nora, chérie, tu ne peux pas descendre les poubelles ? »
Nora prit les sacs et la clef du local. Cela ne faisait pas longtemps qu'elle habitait cet appartement mais déjà elle l'adorait ! Elle adorait ce salon situé juste sous les toits. Les vieilles poutres en bois, le lambris et le parquet, donnaient au salon un petit air classe et chaleureux. De plus, Nora avait hérité d'une magnifique collection de livres rares qu'elle avait installée fièrement dans son séjour. Elle ouvrit la vieille porte et descendit l'escalier. Ses pas grinçaient sur les antiques marches de chêne. Une fois les quatre étages descendus, Nora ouvrit la grosse porte sécurisée de l'immeuble. Elle sortit en tenant la porte à trois jeunes personnes qui semblaient vouloir rentrer. Il faisait froid mais sec, l'humidité habituelle en Bretagne n'était pas au rendez-vous. Elle marcha jusqu'aux poubelles qui étaient disposées face a la rue. La nuit noire s'était installée. En regardant le ciel, Nora se disait qu'elle avait de la chance d'être ici. Cela ne faisait qu'un an qu'elle connaissait Thomas mais elle l'aimait de tout son c½ur. Ses études lui plaisaient. Elle vivait bien grâce à ses parents qui lui payaient le loyer et ses cours. Ainsi, elle avait réussi à créer le petit paradis dont elle avait tant rêvé quand elle était plus jeune.
Puis un cri retentit. Pas un de ces cris de joie, pas un de ces cris de surprise. C'était un vrai cri, un cri de femme, un cri d'horreur.

Coline avait crié. Déjà, un immense bras de fumée envahissait la rue, et les flammes rouge sang léchaient le bois de l'escalier. Elle ne bougeait plus. Elle ne pouvait rien faire, elle restait là, comme si son âme avait brulé dans le brasier, et que son corps vidé de conscience n'obéissait plus qu'a la loi de gravité. Puis un flash ! Tout de suite Coline appela les pompiers. Comme un réflexe, comme si elle avait fait ça plusieurs fois. Comme si elle s'était entrainée.
Les premiers habitants de l'immeuble sortirent. Perdus, en pyjamas, ou presque nu, transit de froid et de peur. Ils regardaient leur habitat s'enflammer devant eux. Coline les pris en charge. Donnant sa veste au plus dévêtus. Les écartant de cet enfer. Les rassurant en leur disant que les pompiers arrivaient. Au loin déjà les sirènes retentissaient. Seul, démunie, une femme criait. Elle criait des noms. Elle pleurait.

La fumée était rentrée dans l'appartement et Thomas toussait. Les amis étudiants de Nora suffoquaient, la chaleur et les gaz étaient irrespirables. Mais très vite, les premières flammes envahirent les lieux et les vieilles poutres craquèrent. Thomas laissa ses dernières pensées à Nora qui devait surement être tout en bas. Et dans un dernier effort il dit :
« Je t'aime Nora. »
Le paradis du couple devint l'enfer personnifié.

Nora ne pouvait plus rien faire. Elle était désespérée. Ses amis et son amour n'étaient pas descendus. Ils devaient être coincés tout en haut. Tout, absolument tout était en bois dans l'appartement. Les chaises, les tables, le sol et les portes. Le piège de flammes s'était refermé. Le toit s'effondra avec les derniers espoirs de Nora de revoir Thomas. Puis rien.
Nora n'entendait rien. Le temps pour elle s'était arrêté. Immobile, à genou sur les pavés froid. Les yeux vidés d'expression. Le corps et la tête remplis d'horreur. Elle cria. Elle cria pour son défunt amour. Elle cria pour ses amis disparus. Elle cria pour sa vie détruite. Elle cria de désespoir. Sa joie de vivre et son c½ur brûlèrent à jamais dans le feu. Elle n'avait plus rien, plus personne pour la consoler. Elle aurait vraiment voulu se réveiller et se rendre compte que ce n'était qu'un atroce cauchemar.

Les jets d'eaux commencèrent à éteindre le brasier ardent. Très vite, de cet immense feu il ne resta qu'un immeuble vide, sans fenêtres et sans toit. Mais cela Coline s'en fichait. Elle regardait plutôt une jeune fille pleurant de désespoir, seule isolée et ignorée de tout le monde. Alors Coline s'approcha de cette enfant qui semblait ne plus exister. Et par un élan de compassion, la serra dans ses bras pour la réconforter. L'inconnue, ne se débâtit pas, Coline l'amena là où les urgences s'occupaient des blessés. Tout de suite elle fut prise en charge. Tout était fini. Plus de feux, plus de bruit, seul des passants intrigués regardaient la carcasse de l'immeuble.

Jamais personne n'avait vu un tel acte de violence à Rennes depuis fort longtemps. Trois jeunes étaient morts ce soir là. Trois jeunes qui auraient pu vivre longtemps. Trois jeunes qui auraient pu réussir dans la vie. Trois jeunes qui sont morts. Trois jeunes qui avaient une famille, des amis, des amours. Trois jeunes qui resteront dans nos mémoires.
Tout en haut

# Posté le samedi 07 juin 2008 06:22

Modifié le vendredi 06 novembre 2009 17:10